Frédéric HELBERT, le blog

"Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie". Albert Londres


Gilets Jaunes. Violences Policières. L’ultra sensible dossier du policier-boxeur de Toulon

Publié le 11/01/2019 à 22h46 | , , , , , , , , , , , , , , ,  | Écrire un commentaire.

 

andrieux

 

Le « dossier » du  commandant Andrieux est suivi de très près, en très haut-lieu, tant à Beauvau qu’à l’Elysée.Car Didier Andrieux est loin d’être « Pinot simple flic ». C’est un superflic, (ancien du EAID, et du GIPN de Marseille qu’il a commandé 12 ans !) ayant longtemps évolué auparavant dans le corps des motards de la Police Nationale. Bref un super-flic élevé cette année au grade de chevalier de la légion d’honneur, sur demande du DDPS de Toulon, demande relayée par le Ministère de l’intérieur et validée par l’Elysée.

. Certes le commandant Andrieux a le sang chaud. Il l’avait déjà démontré par le passé, cassant le nez d’un de ses collègues d’un coup de coude..  « Involontaire » avait alors déclaré l’officier, expert en excuses bidon. Celui qui avait alors reçu le coup du « flic boxeur » de manifestants s’en souvient encore et a dénoncé une « honte » , sur RTL. A l’époque de ce « différent interne », le commandant Andrieux n’a écopé que d’un simple avertissement. Aujourd’hui, le cas est plus épineux… Les images (j’y reviendrai) ne plaident pas en faveur d’un homme qui avait pour mission de diriger le dispositif de 400 policiers à Toulon samedi dernier, mais qui bizarrement s’est retrouvé au cœur de plusieurs mêlées. « Quand tu commandes un dispositif, s’étonne un policier de haute volée, tu reste en retrait, tu va pas te mettre en position de distribuer ou recevoir des  bourre-pifs ». Mais le commandant Andrieux a la passion du terrain apparemment chevillée au corps. Avant qu’on le retrouve entrain de boxer, il est selon son avocat pris à partie et tabassé par des manifestants, qu’il a auparavant tenté de disperser sans ménagement.

 

La séquence (de violences) dure 5 secondes, et l’homme en uniforme de motard porte un casque blancQu’il enlève après avoir été récupéré par ses hommes. La scène est filmée de loin. C’est un document-amateur. Difficile de confirmer qu’il s’agit bien d’Andrieux , (ce qu’il  affirme) mais quoiqu’il en soit, il n’a pas été le moins du monde blesé ou marqué,  et cela ne peut en rien justifier ce qui va se passer 2 h plus tard, et ces accès de rage, d’un homme identifiable et identifié. Les images sont implacables. Voilà d’après une vidéo qui a fait le tour du web, Andrieux se ruant sur un homme déjà neutralisé, et immobile contre un mur. 

Pas d’échange verbal, mais une pluie de coups immédiate au visage pour le manifestant. « Qui avait un tesson de bouteille entre les mains »jure le Commandant. Rien sur les images ne le confirme.  « Il y a là un truc qui ne va pas, dit un inspecteur général de la Police Nationale ayant lui aussi commencé sa carrière en unité de sécurité publique. Soyons sérieux. Si le type avait un tesson de bouteille, la technique aurait du être de le « menacer » à distance respectable, avec tous les moyens dont on dispose, pas de se ruer en solo, pour faire des enchainements de crochets courts  au risque de se prendre un coup de tesson ! La justification d’Andrieux ne tient pas. Aucun expert ne serait intervenu de la sorte en pareil cas. Et puis le tesson, s’il existe, aurait du être récupéré comme élémentà charge. On y aurait prélevé l’ADN du suspect, et là il était fait aux pattes. Or rien de tel ne s’est produit. On voit juste un CRS intervenir rapidement pour écarter Andrieux de sa cible. Quand à la « cible » d’Andrieux, elle a été mise en examen simplement pour outrages ».

Mais la troublante et spectaculaire équipée du « commandant-boxeur » n’a pas commencé là! « Il était surexcité» confie anonymement un de ses collègues. On l’a vu avant son face à face avec le blak se ruer avec d’autre CRS et policier de base, sur un type, présenté comme un meneur, et qui aurait appelé à balancer des projectiles en tout genre sur les « flics ». Puis sur son frère. La présence du Commandant Andrieux était-elle nécessaire pour « neutraliser » l’individu ?  « Cela ne me paraît absolument pas évident, dit notre très haut-gradé de la Police, à qui je présente les images.On voit bien qu’en quelques secondes, l’homme est coincé par 4 ou 5 policiers contre un capot de voiture. Là encore, les coups que portent Didier Andrieux ne sont d’aucune utilité. Vraiment je ne comprends pas comme je ne comprends pas qu’il s’en prenne à un vieil homme en gilet jaune ; (le père) présent devant la voiture et recevant un crochet en pleine face. Ce n’est pas glorieux ». 

Le dossier semble alors lourd, mais pas assez aux yeux du Procureur de Toulon, qui déclare sans rire, estimer que le Commandant a agi en apportant « une réplique proportionnelle ». Et ce dans « une atmosphère insurrectionnelle » Et qu’il n’est pas matière à enquêter plus avant.« Une réplique proportionnelle à quoi ? se demande l’observateur de haut-niveau que j’ai sollicité.. « Andrieux sur les séquences vidéos frappe, sans recevoir aucun coup des hommes déjà maitrisés. Est-ce là l’exemple que doit donner celui qui commandait tout le dispositif ?  Surtout par les temps qui courent ?». La polémique ayant très vite pris des proportions incontrôlables (d’autant que certains ne manquaient d’évoquer un « deux poids/ deux mesures » après les « exploits » à Paris de l’ex-boxeur Cristophe Dettinger),que finalement le préfet du Var décidera de saisir l’IGPN pour « suspicion de violences policières. Et l’affaire est venue s’alourdir avec cette femme ambulancière, qui a porté plainte contre X, mais affirme avoir parfaitement reconnu (après avoir vu son visage à la TV, le Commandant Andrieux, comme étant le policier lui ayant « filé un coup de tête », après qu’elle se soit indigné devant un autre tabassage auquel aurait participé l’officier supérieur. Sur une autre vidéo, il raille des personnes qui le prennent verbalement à partie âpre les « évènements  : « Allez-y, portez plainte, je suis commandant ! »

Andrieux  est-t-il protégé?Pourquoi le policier bénéfice à priori d’une indulgence rare, alors que les images l’accablent ? « Parce que c’est un type au profil super-flic, et que voir un super-flic « péter une durite » est très emmerdant pour le Ministère de L’Intérieur. A Beauveau, ils font, contrairement à ce qui est di publiquement le service minimum vis à vis des violences policières souvent filmées et signalées. Mais quel choix ont-ils ? Ils se reposent à 100% sur la Police qu’ils doivent soutenir à 100%. Déjà ca grogne dans les rangs, car on a marre d’être en première ligne tous les week-ends, avec des stratégies fluctuantes, on en a marre de rouler sur les jantes, on en a marre parce qu’a défaut de trouver des solutions politiques viables, le gouvernement joue la carte de la fermeté et nous envoie au charbon » dit un patron d’une compagnie de CRS. Alors l’IGPN  fait le minimum, pour éviter que la maison Police ne brule… Quand aux femmes et hommes placées sous les ordres d’Andrieux,  ils ont écrit une lettre ouverte pour défendre le professionnalisme irréprochable d’une homme dynamique et respecté de tous, et injustement « lynché » selon eux sur les réseaux sociaux, mais sans prendre partie sur les évènements qui font débat…

L’officier supérieur n’a pas été relevé de ses fonctions, ni déchargé de la mission d’organiser la sécurité de l’acte IV des Gilets Jaunes à Toulon. « Il sera là dit un de ses proches, mais se sait désormais « dans le viseur ». Il devrait rester en retrait cette fois et se limiter à ses taches de commandement ».

Ou mènera l’enquête sur les agissements violents, dont il est accusé ? Les pronostics sont difficiles à faire… Mais le dossier est surveillé de près. Car le Commandant Andrieux avait exprimé le souhait de recevoir sa légion d’honneur le 14 juillet prochain,  pour son dernier jour d’active, et alors qu’il est déjà prévu qu’il commande lors du défilé le détachement de motards de la Police Nationale sur les Champs-Elysées. De quoi mieux comprendre l’embarras des plus hautes autorités…

Frédéric HELBERT

 

 

 

 

 

 


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À propos de l'auteur

Grand-reporter de guerre, (souvent), journaliste d'investigation, multi-médias, tous terrains, membre de l'association de la presse judiciaire, passionné par les phénomènes terroristes depuis le début de ma carrière à Europe11. Tropisme assumé pour le Moyen-Orient et la péninsule arabe-musulmaane. Jamais rassasié d'infos,  accro à tous types d'enquêtes et reportages, j'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. En toute liberté. Vos témoignages, vos infos, vos commentaires sont  bienvenus!

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