Frédéric HELBERT, le blog

"Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie". Albert Londres


Algérie: Quand tout bascule, dans la violence, le sang, la désinfo et parfois l’ubuesque…

Publié le 18/01/2013 à 08h04 | , , , , , ,  | 14 commentaires.

Algérie: L’opération sur le complexe gazier qui a basculé dans le bain de sang après l’assaut des forces algériennes continue!

L’opération Prise d’otages des islamistes du site gazier, Assaut à priori définitif , n’est pas finie. TROIS JOURS après l’attaque terroriste, 24h après le début des ripostes armés des forces algériennes, malgré les maigres déclarations officielles, l’opération de chasse aux terroristes et de recherche d’otages et travailleurs étrangers manquants se poursuit. Hier soir, si l’Algérie observait encore un silence prudent sur lesopérations ,leurs déroulés, les bilans qui n’on cessé d’évoluer au cours de la journée, à 20h, le Ministre de l’intérieur algérien faisait à la télévision dans un lapsus révélateur et dévastateur  » Nous avons neutralisé un certain nombre d’otages… euh de terroristes » !

« De fait L’assaut final des forces de sécurité analyse un ex du GIGN (service compétent à l’étranger) a été engagé sans attendre d’avoir recueilli un maximum de renseignement ops, ni celui de bâtir un véritable plan d’attaque. Le politique a primé sur le souci de survie  des otages. Et les forces spéciales algériennes sont plus coutumières d’opérations destinées à -détruire- l’ennemi, l’adversaire, plutôt qu’a sauver des vies d’otages. Elles pourront toujours se targuer d’avoir réussi à faire libérer des centaines d’algériens qui travaillaient sur le complexe immense. (Mais qui, n’étant pas des étrangers, n’étaient pas considérés comme de « vrais » prisonniers et des otages) ». Un assaut dont les conditions restent totalement floues. Les algériens pourront encore se prévaloir qu’il n’y avait rien à négocier, que les preneurs d’otages avaient la gâchette facile et déjà tué, restent des faits, des chiffres incontestables qui ne plaident pas pour le terme -réussite.

Un Carnage (en cours): Pas de bilan officiel! Mais 30 morts au minimum dans les rangs des otages dont un français

le PR François Hollande préférant toujours les mots mesurés, déclarait hier soir que la situation évoluait dans des « conditions dramatiques ». Conditions dramatiques? Des mots faibles. Le bilan alors connu était déjà terrifiant: 30 morts. 30 otages décédés sur une quarantaine recensée, dont au moins un français. Un vrai carnage, un bain de sang. selon des sources présentes sur le site, des otages avaient été entourés de mini-ceintures d’explosives, dont certaines ont peut ^te été utilisées, des otages ont en tous les cas été tués à bout portant. La colère et l’angoisse dans toutes les chancelleries (France, USA, Japon, GB etc..). déjà présentes hier puisque les algériens ont lancé leur attaques sans prévenir personne, sont montées d’un cran. Parce qu’elle a tourné au fiasco. Et qu’elle n’a en rien clos l’affaire. A l’heure qu’il est, des travailleurs étrangers, notamment un certain nombre d’américains sont toujours portés manquants. - Combien ont demandé les diplomates US? Un certain nombre ont répondu les autorités algériennes, sans donner de chiffre… et sans rire. Des terroristes aussi sont encore recherchés sur le site immense, planté en plein désert, dont on se demande comment les terroristes ont pu l’attaquer, et pénétrer dans le compound ainsi qu’au sein des installations techniques et stratégiques, sans être repérées, et sans avoir rencontré une résistance digne des forces chargées de sécuriser un site éminemment stratégique. C’est une question essentielle, qui heurte tous les experts, va même jusqu’à poser l’hypothèse de complicités éventuelles, dans une Algérie ou les batailles de pouvoirs internes, et les relations entre forces de sécurité et terroristes nagent depuis des années en eaux troubles.

L’invraisemblable pause des forces spéciales

C’est une première dans l’histoire des opérations de ce style. Vers 5h du matin, on a appris que dans la nuit, les forces spéciales ou dites spéciales algériennes, ont observé une « PAUSE ». Une pause dans la traque aux tueurs, et dans la recherches d’otages éventuels ou personnels manquants. Et il y en a encore par dizaine.

L’information a laissé « assis » tous les diplomates, experts de sécurité étrangers, et membre d’unité spéciales. Au Pentagone dit un officier de liaison, »les hurlements de colère ont fait bouger les murs » quand les boss ont appris cette pause eux qui ont été bernés sur toute la ligne,  puisqu’ils qu’ils avaient accepté de prêter un drone, et du matériel de surveillance ultra-sophistiqué pour permettre aux algériens de réunir le maximum de renseignements destinés, pensaient les hommes du département d’état US, à permettre une éventuelle négociation. Les américains avaient aussi placé l’une de leurs unité d’élite sous alerte… Comme si L’Algérie eut pu, telle qu’elle est, permettre ce qui aurait (l’intervention d’une unité étrangère,considéré comme une faiblesse et une violation de souveraineté dit un français fin connaisseur des arcanes politiques algériennes qui ressemblent à un labyrinthe géant… Mais revenons à cette pause ubuesque, alors que rien n’est fini. « La pause, c’est jusqu’au lever du jour, là c’est calme, y’a pas de tirs rien » a dit un ex-otage sur Europe1. Dans tous les pays occidentaux ou autres concernées par cette tragédie, il y a eu aux sommets des états des colères publiquement formulées, quant au fait que les FS algériennes déclenchent san prévenir personne une opération en ayant la main lourde, observent une pause dans une opération sanglante, alors u’il y a encore sans doute des vies à sauver, en tous les cas des zones d’ombres à éclairer.  » Mais nous ne sommes pas étonnés dit un homme du staff anti-terroriste français. Tout le monde beugle, personne ne bougera. Les dirigeants algériens, notamment ceux issus de la classe militaire, foutent les jetons à tout le monde« . Certains (lire les enquêtes Moines de Thibirine sur le blog) sont experts en manipulation de groupes terroristes en fonction de leurs intérêts,  en retournements d’islamistes dont on finit par ne plus  savoir quelle cause ils servent ou croient servir. cette science de la « manip » fait que certains des hommes, inamovibles dans leurs fonction jusqu’à leur mort, et qui sont les décideurs de l’opération, étaient déjà là en 95 lors de la vague d’attentats qui a ensanglanté Paris. Il étaient là, et certains magistrats ou politiques ne sont pas loin de se demander si les commandos du GIA n’ont pas agi manipulés, infiltrés, dans le cadre d’une guerre psychologique sans pitié…. Les projecteurs sont donc à nouveau braqués sur des algériens,que tout le monde craint et qui par ailleurs sont  incontournables dans le régalement de tous les dossiers régionaux . Des algériens dont certains, manipulés ou non, ont frappé à Paris en 95. L’Algérie dont un observateur avisé signale sans aucune émotion: Nous n’avons pas de scrupule, ni retenue, dès qu’il s’agit d’employer une violence jugée légitime pour éliminer des terroristes qui ont transformé dans les années noires le pays en un théâtre sanglant quotidien… Alors, la mort de quelques dizaines d’otages… même s’ils ont été victimes au final des dommages collatéraux peut-être de bombardements doublée d’une offensive au sol, dont il était difficile de réchapper dès lors qu’ils étaient prisonniers d’islamistes dont l’opération ne pouvait être qu’un un raid -qui se voulait à l’origine rapide- de chasse de terros dans un site fourni en la matière….

Paris dans l’impasse aussi, et dans une grande solitude

Le Président Hollande a beau avoir visité l’Algérie récemment, avoir été reçu par Bouteflika, fait repentante pour le passé colonialiste, obtenu par la suite du président algérien (décision loin de faire l’unanimité), le droit pour les Rafale de survoler l’espace aérien algérien, mais aujourd’hui raconte un familier de l’Elysée qui y travaille non loin du président, Il est comme les autres maintenant. « Minimum d’infos, pas de contacts privilégiés, une inquiétude, une impuissance manifeste encore la nuit dernière à l’Elysée. Et l’obligation de soutenir un partenaire stratégique dans la guerre contre le Mali ».

Quoiqu’il advienne, le pouvoir français sait qu’il doit composer avec les algériens. Les soucis s’accumulent pour le Président de la République. Un pilote d’hélico mort lors des premières heures de l’opération au Mali, Trois hommes de la DGSE tués lors d’une tentative de libération d’un otage tué en Somalie (pourtant préparée au millimètre et qui avait une vraie chance de réussir) tués par les Shebab en Somalie. Puis cette affaire algérienne (ou les terroristes ont réclamé l’arrêt de l’agression française contre le Mali notamment), où les forces algériennes sans que cela n’étonne personne, ont mené une opération de force « rentre-dedans », et de « nettoyage » ne prenant aucunement en compte une quelconque perspective de négociations, ou une volonté de sauver les otages, ce n’est pas cela qui va forcément briser le véritable isolement opérationnel de la France au Mali, (ou les opérations sont difficiles). « Cet isolement de la France alors que le combat contre le Jihad global concerne le monde entier est un échec diplomatique. « Chaque pays la joue perso, et tout le mode se défausse en disant: l’Afrique, çà reste le jardin privé de la France. Y savent faire ».  Le terrorisme a frappé dans un pays frontalier du Mali, mais pas le plus facile à gérer, c’est le moins qu’on puisse dire, et sur lequel la France n’a aucune prise en matière d’opérations contre-terroristes sur le sol algérien. A signaler, la présence peut-être d’un franco-algérien parmi les jihadistes. Des français parmi les extrémistes, des français dans le Jihad, des français frappant contre d’autres français, de l’autre coté de l’Atlantique mais aussi dans l’hexagone. Entre la guerre au Mali, (la bataille de Diabali par exemple qui s’annonce très difficile sur un terrain hostile parfaitement maîtrisé par les hommes d’Abou Zeid, (un ancien des maquis algériens), la perspective de pertes, des militaires ou de civils touchés par le terrorisme qui n’a pas attendu longtemps pour frapper, celle de nouvelles prises d’otages, tout cela place le pouvoir actuel dont on ne peut dire qu’il a été élu sur sa capacité à gérer et à être en pointe dans une crise internationale. « Oui, dit un homme de l’état-major français, le tableau est sombre, très sombre« … Et la journée n’apportera pas de bonnes nouvelles…

Frédéric Helbert

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  1. FLN dit :

    ENCORE UNE PSEUDO JOURNALISTE POUR QUI L’INDÉPENDANCE DE L’ALGÉRIE N’EST TOUJOURS PAS PASSÉE

  2. Mustapha dit :

    Votre article n’est pas objectif Monsieur, d’où tirez-vous vos informations ?? On ne fais pas une analyse sur une situation en se basant sur des sources anonymes, qui plus-est ne sont reprises par aucun autre site d’information. Vous tirez des conclusions hâtives et vous tournez en dérision l’armée algérienne, à quelle fin ? On peut être anti-algérien primaire (comme il n’en existe beaucoup) tout en ayant un minimum d’honnêteté.

  3. Frederic Helbert dit :

    Cher Monsieur, Pour mes informations, si vous retrouviez toutes les mêmes ailleurs, à quoi mon site servirait t-il. L’armée algérienne, je ne la tourne pas en dérision, je dis que c’est une armée de guerre, qui fait la guerre, et qui pour des raisons historiques, a choisi, de frapper et détruire les terroristes, quelques soient les dommages co-latéraux. Que diriez-vous si otage, ou caché queque-part de puis près de trois jours, on vous disait que les militaires chargés de vous chercher, (et disposant d’équipements de vision nocturne) ont fait selon le vocable utilisé par ceux qui ont fait si peu de communiqués une pause? Enfin vous pouvez me taxer d’anti-algérise primaire, je vous répondrai que je ne choisis mes amis ni en fonctions de leur nationalité, religion, engagement politique, ou en fonction des rapports qu’a pu avoir mon pays colonialiste avec les citoyens d’un pays. Au rayon de l’honnêteté, grand mot, je fais dans mon métier, au mieux, et vais partout retraduire le discours et les impressions des uns et des autres… Avez-vous noté combien il y avait d’envoyés spéciaux sur cette affaire qui a mobilisé le monde entier? Zéro? Avez-vous remarqué la légitime prudence des correspondants en place et que l’on peut comprendre? De combien d’images avons-nois disposés durant la prise d’otages? et de points de presse? et d’infos fiables et non contradictoires? Voyez-vous Monsieur, votre critique, je serai ravi de l’entendre de vive voix à une terrasse d’Alger ou dans le désert qui me fascinent. Mais je n’ai jamais obtenu de visa pour venir chez vous. Pas plus qu’aucun des journalistes qui ont suivi cette affaire de trop loin. Si j’avais pu monter dans un avion pour Alger sans formalités qui prennent des mois, je l’aurais fait. La dernière fois que j’ai demandé un visa pour l’Algérie, c’était alors que, en tant que grand-reporter à France24, l’on m’avait chargé d’un magazine, en 2007, sur Al Qaida au Maghreb…. Mon visa pour l’Algérie? Après une demi-douzaine de coups de fils et 3 semaines d’attente, j’ai renoncé et opté pour le Maroc, ou ce ne fut pas facile-facile de tourner, mais ou islamistes et autorités ont finalement joué le « jeu », et ou l’actualité était « riche » en la matière… Mais si l’on m’accorde un visa demain, si je me suis trompé, si me sources, algériennes pour beaucoup se sont plantées où ont été plantées, j’en assumerai l’entière responsabilité, ferai repentance ici-même… Si vous m’obtenez un visa en claquant des doigts, et que j’ai la liberté de faire mon métier sur le terrain, je prends l’avion dès que possible Monsieur….

  4. Frederic Helbert dit :

    Pseudo-journaliste si vous voulez Monsieur. Je sais moi de quoi est fait ma carrière et quelles sont mes valeurs. je n’ai aucune autre identité profonde que celle que e confère la carte d’identité des journalistes professionnels qu’on veut bien m’accorder depuis plus de 20 ans en France. Pour le reste, -Mais c’est un peu loin et peu en rapport avec l’enquête que j’ai menée- Je me félicite aujourd’hui de l’Indépendance de l’Algérie, même si les moyens qui y ont conduit ont été douloureux. Je suis peu réputé pour aimer les conflits colonialistes, ni les actes de torture et de barbarie. Il est par contre un mot qui ‘est cher dans mes fonctions: celui de l’indépendance.
    Le pseudo-journaliste vous salue bien

  5. Algerien dit :

    Votre article est nul et sans aucune forme d’objectivite.

  6. Algerien dit :

    Depuis quand les militaires doivent annoncer leur plans d’action ?! Vous etes encore trop naif pour interpreter les fais. Je suis etonné de voir votre article a la une de google. Bravo pour votre independance et bravo pour le niveau Vous avez recu un gros coup de pouce !!

  7. moimeme dit :

    Cette article reflete le traitement mediatique de la presse francaise qui donne plus de credit au clichés et aux ragot qu’a la raison et la verite !!

  8. placolon dit :

    Bravo pour vos deux reponses Monsieur Helbert

  9. Saint Maixent dit :

    Après avoir déclaré que la France ne s’aventurerait jamais au Mali (voir la vidéo à ce sujet) Hollande et Fabius doivent faire profil bas.Les va t’en guerre se trouvent bien seul et pour cause ….au lieu de prendre contact avec les chefs de Gouvernement Européens dès cet été, les vacances au soleil ont pris l’ascendant et maintenant nous voilà dans l’enlisement sans compter que cet engagement non prévu au budget va couter un max à la Nation .Au final les contribuables mettront une fois de plus la main à la poche ……n’est ce pas de l’amateurisme……?

  10. Antar Ibn Cheddad dit :

    La crise malienne : une suite de camouflets pour l’Algérie.

    Le premier des camouflets est matérialisé dans l’afflux d’astronomiques quantités d’armement vers l’Azawad. Il s’agit bien sûr de l’une des désastreuses conséquences de la position algérienne dans la crise libyenne. Le contrôle des dépôts d’armements de l’ex Jamahiriya devait mobiliser tous les moyens de la part de l’Algérie. L’état d’abondant de ces dépôts pouvait être un objectif recherché, délibérément, par les pays de la coalition, et devait être intolérable pour notre pays. Cette prolifération est l’une des conditions fondamentales de la dégradation actuelle des conditions sécuritaires dans le Sahel.

    L’Algérie a-t-elle mesuré l’étendue des mutations intervenues dans le champ sahélien ? Pas sûr ; il n’y a qu’à voir le sort catastrophique auquel a été exposé notre consulat à Bamako. Le rapport de force dans cette zone s’est lourdement détérioré sous l’impact de nombreux facteurs, mort d’Ibrahim Ag Bahanga, afflux de djihadistes en renforts aux éléments du GSPC et apparition d’un groupe islamiste autochtone… Le sort dramatique de notre consul à Gao et quelques-uns de ses collaborateurs, enlevés par les terroristes islamistes montre à quel point que l’évaluation de la situation faite par notre diplomatie et nos structures spécialisées était erronée. Nouveau camouflet

    En théorie l’Algérie disposait des moyens nécessaires au traitement de la situation. Le CEMOC, Comité d’état-major opérationnel conjoint, structure militaire d’état-major regroupant des forces armées de l’Algérie, du Mali, du Niger et de la Mauritanie, mis en place en avril 2010, basée à Tamanrasset, devait trouver-là son baptême de feu. Il n’en sera rien, la crise malienne avec ses deux volets institutionnels (à Bamako) et politicosécuritaires (dans l’Azawad) va être l’apanage des pays de la CEDEAO. L’Algérie dont 1500 km de frontière sont inclus la zone crisogène va assister en tant que « membre observateur » aux réunions de la CEDEAO, dont seul la Mauritanie et le Niger sont limitrophe de cette zone. Le Cemoc, amputé de fait de l’armée malienne, compromise dans un coup d’État, ne s’imposera pas comme « le cadre » du traitement de la menace terroriste au nord d’un Mali faillit. La Cedeao va servir d’interface à l’action Française dans la zone. Le Cemoc a vécu ? Perçu comme une initiative anti-française il laisse, jusque-là, la place à la Cedeao largement profrançaise. Autre camouflet.

    L’Algérie et la France vont « diplomatiquement » croiser le fer. La France s’engage pour la préparation d’une intervention militaire au nord Mali, ses efforts vont aboutir à l’adoption d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU autorisant le déploiement d’une force africaine de stabilisation. De son côté, l’Algérie campe sur une position dite de « recherche d’une « solution politique » ». Etonnamment, elle privilégie Ansar Dine comme interlocuteur au détriment du MNLA. Découpler le groupe islamiste « autochtone » du reste de la nébuleuse djihadiste, tel semblait être l’objectif de l’Algérie. Option risquée qui aboutit à un autre camouflet : ce partenaire « privilégié » se soustrait aux discussions politiques, auxquelles il n’a pris part qu’en application de la doctrine islamiste de la Taqiya. Pire, il se place en tête de pont d’une marche islamiste vers Bamako. Et, toc… encore un camouflet…

    Les islamistes en maître de la situation ont décidé du moment de la confrontation. L’Algérie officielle se couche, elle ouvre son espace aérien aux escadrons de l’armée de l’air française pour aller stopper la marche vers Bamako. La position promue depuis des mois par le chef de l’État s’est effondré ! Pourtant, sans son opposition l’armée algérienne aurait agi sur le volet sécuritaire de la crise dans l’Azawad dès les premières semaines. Pour rappel, la presse algérienne a rapporté l’annulation, sur injonction, d’une planification avancée visant des objectifs terroristes.

    A la veille de la seconde guerre mondiale, Winston Churchill lançait à l’adresse des membres de la Chambre des communes anglais : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. ». L’épisode d’In Amenas corrobore parfaitement cette sentence. La guerre est frontale, et le déshonneur totale. Les terroristes ont apporté la preuve que le pouvoir en place a échoué y compris dans la protection de ce qui lui est vital : les gisements et installations d’hydrocarbures. Ce pouvoir peut être soupçonné de tout sauf de délaisser les zones pétrolifères. Elles étaient censées être un bunker imprenable. Elles s’avèrent aussi vulnérables que nos villages et quartiers ! Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Comment expliquer que les promesses grandiloquentes de « grandeur », de « fierté », de « relèvement de tête » ont-elles amené une telle fragilisation de la Nation ?

    La position algérienne va se faire de plus en plus difficile. Les terroristes islamistes, nous ne le savons que trop bien, ne sont pas à sous-estimer. L’expérience de lutte anti-terroriste a montré que cette bataille ne se gagne que par l’offensive. Mais cela est une préoccupation d’une autre étape. Pour le moment relevons que l’épisode d’In Amenas a apporté la démonstration que les équipes en places n’ont pas les capacités nécessaires pour mener la guerre qui s’annonce.
    D’un autre côté, l’engagement des combats au sol au Mali amène de nouvelles exigences. Une monté en puissance de la couverture aérienne à laquelle la seule autorisation de survol n’est plus une réponse suffisante. La prise en charge de la crise humanitaire, pour laquelle les états de la CEDEAO n’ont ni les moyens ni les capacités. Et surtout un retour rapide au cadre multilatérale fixé par les résolutions du CS de l’ONU pour la stabilisation de la situation malienne.

    Jusqu’à quand l’Algérie se soustraira-t-elle à ses devoirs envers les populations maliennes ? Jusqu’à quand perdurera la politique Bouteflikienne de bridage du potentiel patriotique national, à commencer par celui de l’armée nationale ? À ce point des évènements, il est inévitable de se remémorer les déclarations qui ont émaillé le premier mandat : celles révélant une sympathie juvénile aux islamistes ou celles illustrant une forme de vindicte à l’égard de l’armée. Il faut reconnaître à Bouteflika la constance de ses amitiés et ses désamours.

    Janvier 1992-Janvier 2013, mutatis mutandis l’Algérie en revient au même point. Elle n’a de possibilité de sauvegarde qu’en sa capacité à s’appuyer sur son armée. Cette institution a par le passé payé le prix du sang pour porter secours et assistance aux populations sahraouies, en témoigne l’Oasis d’Amgala avec ses héros du 41e bataillon d’infanterie. Elle l’a fait aussi pour défendre Le Caire, en témoignent les faits d’armes de la 8e division blindée aux fins fonds du Sinaï. Elle l’a aussi fait en brisant les bataillons de la réaction en arme et en mobilisant, autour d’elle, des centaines de milliers de patriotes… Aujourd’hui notre sécurité nationale se joue dans notre profondeur au sud. Il faut en prendre la mesure et que tout un chacun prenne ses responsabilités.

    Il fut un autre temps, un temps où l’Algérie déjouait les camouflets… Nous sommes dans un autre, où elle les collectionne ! Ce temps arrive-t-il à son terme ?

  11. Frederic Helbert dit :

    votre commentaire merveilleusement argumenté, et pas le moins masqué du monde, m’enchante! je n’ose pas vous en demander plus…

  12. Frederic Helbert dit :

    le niveau de vos attaques vaut largement celui que vous m’attribuer Monsieur je ne sais pas qui. Cela fait Plus de 20 ans que je fais mon métier, et j’ai bénficié le plus souvent d’une très grande indépendance. Les conflits? j’en ai couvert des dizaines. au proche-Orient, en Afrique, dans les balkans. le pouce de google actu, il était levé Monsieur, ne vous en déplaise. Entre l’opacité et les mensonges du pouvoir algérien, et la brillante annonce française de son plan militaire goba via la CEDEAO qui date de 2012, pour les récriminations voyez ailleurs…
    N »hésitez pas à m’encourager encore de cette façon, c’est pur bonheur!

  13. Frederic Helbert dit :

    Merci Monsieur!
    FH

  14. BREL dit :

    Je partage le point de vue de Mr Helbert.C’est à force de manipulation en tous genres que ce pouvoir immonde arrive à s’éterniser.Une partie de notre bon peuple lui sert la soupe à coups de patriotisme mal placé et de quassamène désuet.
    La DAF entretient le terrorisme comme une vierge effarouchée entretient sa virginité.
    A :one,two,tree viva l’Algérie,je préfère:WHEN TOO FREE VIVA L’ALGERIE…HUGUE J’AI DIT.


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Grand-reporter de guerre et  journaliste d'investigation, multi-médias,  membre de l'association de la presse judiciaire, passionné par les phénomènes terroristes depuis le début de ma carrière. Très souvent sur le terrain, je souhaite partager avec tous les faces parfois moins visible des enquêtes et reportages. J'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. Ce site m'en offre la totale liberté. Vos témoignages, vos informations sont  bienvenus!

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