Frédéric HELBERT, journaliste d'investigation

Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie. (Albert Londres)


Affaire Gregory: Muriel Bolle reste en prison. Le dossier garde son mystère.

Publié le 05/07/2017 à 00h06 | , , , , , , , , ,  | Écrire un commentaire

Affaire Gregory: Une enquête sous haute tension. Plus de questions que de réponses.

Muriel Bolle reste en détention, mise ne examen pour enlèvement suivi de mort. L’enquête piétine ou avance -t-elle? Mystère.

Le 4 novembre 1984, Muriel Bolle, alors âgée de 14 ans, entendue par les gendarmes, accuse avec force détails, Bernard Laroche. Elle réitère son témoignage devant le Juge Lambert. Mais il n’y a pas de confrontation immédiate. (Encore une faute du petit juge).

Le lendemain, Muriel Bolle revient sur son témoignage devant la presse. Accuse les gendarmes d’avoir fait pression sur elle. Et dédouane formellement Bernard Laroche.

Que s’est-il passé dans l’intervalle ? C’est la question essentielle aujourd’hui. Les enquêteurs pensent que (des rumeurs insistantes, des témoignages même avaient déjà circulé à l’époque) Muriel Bolle a été contrainte par son entourage familial, de dédouaner son beau-frère.

Un homme considéré désormais comme un témoin décisif s’est manifesté 32 ans plus tard : le cousin germain de Muriel Bolle, qui a affirmé en juin dernier avoir assisté, au lendemain de l’audition confondante pour Bernard Laroche, à un véritable « lynchage » de Muriel Bolle, par sa famille, ses frères notament. « Je peux affirmer qu’elle s’est fait « démonter », qu’elle a pris une véritable volée » a t-il- déclaré. L’homme dit en avoir été le témoin direct. Il affirme aussi que Muriel Bolle lui a par la suite, dans la soirée, alors qu’elle avait été « mise dehors » (hors de la maison familiale) lui a dit qu’elle avait bien vu Bernard Laroche remettre Gregory à deux autres personnes. Avant qu’on le retrouve, pieds et poings liés, noyé dans la Vologne.

C’est ce témoignage qui a amené la Justice à mettre en examen et en détention Muriel Bolle.

Or cet homme ne s’était jamais manifesté auparavant. Mieux où pire, il n’avait jamais été interrogé, entendu, inquiété, incriminé. Son témoignage de la dernière heure n’a de fait pas été inclus dans les centaines d’éléments introduits dans le fameux logiciel « Anacrim », qui a tant été vanté par les gendarmes, comme ayant été décisif dans la relance de l’enquête.

C’est donc un témoignage très tardif pour le moins, dont la véracité reste d’ailleurs à prouver aussi, qui permet aujourd’hui de « mettre la pression » sur Muriel Bolle. Laquelle a été incarcérée dans une cellule avec 2 femmes accusées d’infanticides…

Le témoignage du cousin germain, qui fait état de faits de violences graves commises et réitérées sur Muriel Bolle se heurte à un élément troublant. Lorsqu’elle revient sur ses accusations, et dédouane devant les caméras de télévision et les micros, le 6 novembre 84, la belle-sœur de Bernard Laroche ne porte aucune trace visible de violences, d’une « volée » sévère qu’elle aurait subi la veille…

Muriel Bolle, revenant sur son témoignage accusateur devant les journalistes en 1984.

Muriel Bolle, revenant sur son témoignage accusateur devant les journalistes en 1984.

Enfin, pour rajouter à la confusion ambiante, le témoin tardif, s’étant soudain décidé à soualger sa conscience et qui s’est confié au quotidien « le Parisien », affirme en savoir plus mais ne veut pas en dire davantage pour ne pas gêner l’enquête !

Une enquête à nouveau à la une, et qui à nouveau semble nager comme il y a 32 ans, en eaux troubles. Elle pose bien plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. La confrontation attendue entre Muriel Bolle et son cousin germain, l’audition attendue de Marie-Ange Laroche, veuve d’un homme tué alors qu’il n’était plus accusé, et accusé à nouveau alors qu’il est mort (tué par son cousin Jean-Marie Villemin), permettront-elles d’en savoir plus ? D’avancer sur le chemin d’une introuvable vérité  jusqu’ici? De briser une loi du silence qui règne et ne se dément pas depuis trois décennies ? Les avocats des parents du petit Gregory veulent y croire, évoquent d’autres éléments dans le dossier. Ceux du clan « Laroche/Bolle » disent que ce dossier reste vide, et estiment que l’enquête « va dans le mur », qu’elle risque de provoquer de nouveaux drames, que l’on revient aux méthodes de l’époque qui avaient abouti à un fiasco judiciaire et à la tragédie initiale. La frénésie journalistique est de retour autour d’une affaire qui, pour l’heure, semble garder tout son mystère…

Frédéric Helbert


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À propos de l'auteur

Grand-reporter de guerre, (souvent), journaliste d'investigation, multi-médias, tous terrains, membre de l'association de la presse judiciaire, passionné par les phénomènes terroristes depuis le début de ma carrière à Europe11. Tropisme assumé pour le Moyen-Orient et la péninsule arabe-musulmane. Jamais rassasié d'infos,  accro à tous types d'enquêtes et reportages, j'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. En toute liberté. Vos témoignages, vos infos, vos commentaires sont  bienvenus!

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