Frédéric HELBERT, le blog

"Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie". Albert Londres


Exclusif -Nicolas Sarkozy ira siéger au Conseil Constitutionnel. Son bureau y est prêt.

Publié le 04/06/2012 à 12h00 |  | Écrire un commentaire.

Alors que l’ancien Président de la République vient de rentrer du Maroc, le monde politique se perd en conjectures, en se demandant de quoi sera fait son avenir. Une seule certitude d’après l’enquête exclusive que j’ai menée, Nicolas Sarkozy entend bien occuper le siège du Conseil Constitutionnel traditionnellement réservé aux anciens chefs de l’état, qui y deviennent membres de droit, quand ils ne sont plus présidents. La position permet de prendre de la hauteur, n’est pas trop contraignante, et rapporte aux « vigies » des lois de la République, 11 000 euros net par mois… S’il n’y a eu aucun contact direct entre Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Debré, c’est que les relations sont glaciales entre les deux hommes. Tout s’est donc fait de manière non usuelle, lorsqu’après sa défaite aux présidentielles, N.Sarkozy a fait savoir par ses proches qui l’ont fait savoir par la presse, qu’il entendait bien trouver « un point de chute » dans le vénérable bâtiment de la rue Montpensier, jouxtant la Comédie Française… De son coté donc, Jean-Louis Debré a pris ses dispositions pour qu’un bureau soit mis à disposition de celui dont les « sages », durant son quinquennat, auront « retoqué » un nombre record de lois ou d’articles de lois. Ce qui promet au rayon « ambiance » lorsque l’ex-chef de l’Etat viendra au Conseil Constitutionnel. Le choix de la date lui appartient, mais au Conseil, tout est prêt pour le recevoir.

Enquête exclusive:

Le bureau qui attend Nicolas Sarkozy au Conseil Constitutionnel est aux antipodes des fastes élyséennes. Mais déjà fonctionnel… Selon les informations précises, que j’ai pu obtenir, il servait avant au service de presse du Conseil. Il est situé très exactement en face de celui de Jean-Louis Debré. Mais n’a pas le même standing, loin s’en faut. Il est même très loin de celui majestueux qu’occupe Valéry Giscard d’Estaing, « mais c’était le seul disponible » indique un familier des lieux. La pièce fait une trentaine de mètres carrés. Y ont été installés une petite télé à écran plat, un téléphone, et un ordinateur portable, le « kit de base » fourni par les services techniques de l’institution. On est loin de la logistique de la Présidence de la République… Au rayon décoration, minimalisme aussi: Un grand bureau moderne en bois clair de merisier, un fauteuil en cuir et acier couleur crème, deux chaises en merisier également (avec coussins bleus) en face du bureau. Et deux autres au fond de la pièce, qui encadrent une commode assortie à tiroirs. Côté droit du bureau, une console, et un lampadaire halogène noir. C’est le Mobilier National (chargé de « décorer » les Palais de la République) , qui a fourni ces meubles dépouillés, mais signés quand même par un grand designer italien, Mario Bellini. Seul signe de luxe ostensible: Un magnifique et épais tapis géant, réalisé par la célèbre Manufacture des Gobelins, reproduction d’une oeuvre du vénérable artiste franco-chinois de réputation mondiale, Zao Wou Ki, qui marie abstraction et tradition d’illustration et d’écriture ancienne. Un artiste adoré par… l’ennemi intime de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin! Qui lui a consacré un ouvrage. Et Lorsque Jacques Chirac a quitté l’Elysée, ses collaborateurs lui ont offert une oeuvre du même Zao Wou Ki!

Le bureau spartiate de Nicolas Sarkozy, qu’il lui conviendra d’aménager plus amplement à sa guise est d’ailleurs voisin de celui de Jacques Chirac! Qui ne siège plus au Conseil depuis 2007, et a renoncé à la rémunération « standard » que touchent les sages, et qui viendra arrondir les fins de mois de l’ancien chef de l’état: 11 000 euros net d’impôts.

Nul ne sait exactement quand Nicolas Sarkozy décidera de siéger. La tradition veut que la veille de sa venue, l’ancien président de la République prévienne celui du Conseil. Le coup de fil n’est pas encore arrivé, alors qu’après une pause post-électorale, le Conseil va se remettre au travail, demain, mardi 5 juin. Pour l’heure, un témoin raconte qu’avant la passation de pouvoir à l’Elysée, celui qui était le directeur de cabinet de N. Sarkosy, Christian Frémont, est venu inspecter le bureau. Une inspection aussi courte que silencieuse. A peine plus d’un quart d’heure.

 » Nous pensons qu’il viendra après les législatives dit un des « sages ». Le choix de la date de son entrée en fonction lui appartient « . Au Conseil, tout le monde attend, guette, d’autant que, ce n’est plus un secret pour personne, les relations entre Sarkozy et Debré sont pour le moins tumultueuses.  » Lors de son quinquennat, confie l’un de ses proches, Nicolas a essayé de trouver un artifice juridique pour déboulonner Debré, vieux grognard de la Chiraquie. Il ne supportait pas l’action du Conseil qui a ruiné plusieurs projets présidentiels« . Selon l’un des sages, « l’Elysée considérait que l’institution bataillait politiquement contre lui, alors qu’elle n’a agi que dans le strict respect des institutions et de la légalité républicaines « .

Lorsqu’un hommage solennel a été rendu à Michel Debré, père de la constitution de la Vème République, son fils jean-Louis, au nom des devoirs de sa charge, a refusé l’invitation que lui avait faite  Nicolas Sarkozy en lui proposant une place à bord de l’avion présidentiel. Et lorsque celui qui était encore chef de l’état a fait un discours public, devant nombre de militants UMP, Jean-Louis Debré n’y a pas assisté, estimant qu’il pouvait s’agir là d’une tentative de « récupération » politicienne, à l’aube de la campagne présidentielle.

Voilà qui promet lorsque les deux hommes vont se retrouver, d’autant que dans la grande salle de délibérations du Conseil, le protocole veut que l’ancien chef de l’état soit assis à la gauche du Président du Conseil Constitutionnel. Un « bristol » en plexi, où est gravé le nom de Nicolas Sarkozy a même été confectionné par les services techniques de l’Institution, pour marquer sa place réservée autour de la grande table ou délibèrent les sages. Mais selon son entourage, Jean-Louis Debré est très serein, et ne craint en rien l’arrivée d’un féroce rival politique.  » l’idée selon laquelle Nicolas Sarkozy, pourrait prendre le pouvoir au Conseil est une hérésie dit un expert. Une voix est une voix. Et le « clan » des sages n’est pas un parti politique! Il est arrivé plusieurs fois signale ce familier des lieux et des usages, qu’un ancien président soit mis en minorité, même par ceux qui lui devaient leurs places au sein de l’institution ».

 » Nicolas Sarkozy dit un autre, sait parfaitement en revanche, que la place qui lui est réservée de droit, est une excellente position stratégique. Elle va conférer, qu’on le veuille ou non, à celui dont nul n’imagine qu’il puisse réellement quitter la politique, une étiquette de « sage » dont il ne saurait se priver. Elle vaut non seulement son pesant d’euros, mais lui permettra également par les temps qui courent, au vu des affrontements qui déchirent la « famille » UMP, de se positionner habilement au dessus de la mêlée. Et de prendre tout son temps, pour envisager son avenir »…

Enquête FH déclinée en collaboration avec Radio Classique. (révélation dans le journal de 8h, lundi 4 juin 2012).


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À propos de l'auteur

Grand-reporter de guerre et  journaliste d'investigation, multi-médias,  membre de l'association de la presse judiciaire, passionné par les phénomènes terroristes depuis le début de ma carrière. Très souvent sur le terrain, je souhaite partager avec tous les faces parfois moins visible des enquêtes et reportages. J'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. Ce site m'en offre la totale liberté. Vos témoignages, vos informations sont  bienvenus!

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  • loustic : Merci pour votre travail précis, dénué de sensationnalisme inutile, vous êtes une référence, continuez de nous informer merci
  • titof : pourquoi attendre , si nous avions détournés une tel somme nous serions déjà en prison depuis longtemps . Pauvre France si elle était...
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