Frédéric HELBERT, le blog

"Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie". Albert Londres


Syrie: La Posture et l’imposture française. La preuve par l’info.

Publié le 29/05/2012 à 08h37 | ,  | Écrire un commentaire.

La posture et l’imposture française. Mise à jour après l’annonce des expulsions en cascade ambassadeurs de Syrie, dont celui de France, et l’ITW donnée au « Monde »  de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. La France s’agite mais ne bougera pas militairement ni ne s’impliquera dans le conflit en armant la résistance syrienne.

Il n’est pas un jour sans lequel le Quai d’Orsay y aille de son communiqué. Sans lequel la France manifeste son effroi, son indignation devant les massacres commis chaque jour en Syrie et affirme qu’elle fait tout à l’ONU pour obtenir… de nouvelles condamnations, de nouvelles sanctions, et le départ du régime Syrien. Un opposant de longue date se lamente avec ironie: « Sur que le clan Assad et ses sbires, prêts à tout et qui ne s’en cachent pas, tremblent devant pareilles injonctions. et préparent leurs valises dans leurs palais cossus et que les chars vont rentrer à la caserne« . Et l’opposant de rappeler le cas Sadam Hussein « condamné et durement « sanctionné » a tenu pendant des décades ainsi. Avant que le « génial » G.W Bush, ne se lance dans une guerre unilatérale, interminable et couteuse, qui a laissé un pays en ruine, en proie aux divisions intestines, claniques, religieuses, ou le terrorisme sévit chaque semaine, dans l’indifférence générale« …

Au Quai d’Orsay, à l’ONU, la France, ses diplomates, ses experts, poursuivent une « agit prop », destinée à faire gober au « gogo », que ça ne se passera pas comme çà. Rebelote de sanctions. Soutien à la difficile mission Annan. et maintenant expulsion de l’ambassadrice de Syrie, une très proche du régime, avec laquelle le dialogue devait être déjà limité à sa plus simple expression. Mais Laurent Fabius dans les colonnes du « Monde », temporise: Pas d’intervention armée, pas de livraison d’armes, renforcer les sanctions, discuter avec les russes, faire évoluer les esprits, voila la doctrine avec en prime un brin de méthode coué: Bachar el Assad doit partir. Il partira!

Kofi Annan, lui, multiplie les « navettes » depuis l’instauration d’un « cessez-le feu » qui n’a jamais existé dans les faits. Ce qui a débouché sur cette aberration médiatique entendue cent fois: « Nouvelle violation du cessez-le feu aujourd’hui en Syrie »… Une petite musique absurde confrontée à la réalité du terrain. Mais Kofi Annan persiste. Et l’on envoie des « observateurs », (oh victoire!), qui n’observent pas grand-chose, tant ils sont peu nombreux, fliqués en permanence quand ils ne sont pas pris pour cibles directement. Leur impuissance rappelle celle du tragique conflit dans les Balkans, ou l’on se souvient de cette image des observateurs transformés en boucliers humains et enchainés sur les lieux de possibles frappes aériennes.

Mais la France, officiellement persiste à condamner, ça ne coute pas cher, et s’offre, après l’Australie, La Tunisie, les émirats du Golfe, une bel effet d’annonce avec l’expulsion de l’ambassadrice de Syrie en France. Dans les faits, la posture est moins agressive… La crainte du retour d’un terrorisme d’état qui viendrait nous frapper directement est là… Il nous a déjà frappé d’ailleurs là-bas, nous français. Gilles Jacquier, grand-reporter à France2 (Envoyé spécial ) a été visé et tué délibérément. C’était en janvier à Homs. « Qu’ont fait les autorités françaises? Ont-elles ouverte ainsi que la logique l’aurait voulu une enquête qui aurait dû être confiée à la section anti-terroriste de Paris s’interroge un expert de procédure pénale? Non! C’est un juge de droit commun qui a été nommé. Qualification retenue: Homicide volontaire. Point. Sans relation avec une entreprise terroriste. Et Quid depuis? « Rien, si ce n’est raconte un juge anti-terroriste, la surprise de voir un jour mon collègue en charge du dossier, venir me demander  à la galerie Saint-Eloi, quelques tuyaux et numéros d’experts en balistique! » En février, le jeune et talentueux photographe Rémy Olchyk, et la célèbre journaliste britannique Marie Colvin, étaient à leur tour victimes d’un bombardement en règles visant le petit « centre de Presse » de Homs. Indignation, émotion, hommages et puis quoi? La France déplore une grande figure du journalisme a compris que la Syrie ne voulait pas de témoins des massacres perpétrés par son armée de soudards. Résultat le Quai d’Orsay a fait passer un message à toutes les rédactions. Plus question de rentrer en Syrie clandestinement. Fermez le ban!« 

Deux autres épisodes, dont les suites ont été passées sous silences témoignent de la crainte des autorités. Par deux fois, l’an dernier, des soldats français de la FINUL ont été victimes d’attentats au Liban-Sud, ou ils ont été déployés depuis la fin de la guerre israëlo-libanaise de 2006. Petites charges, que des blessés, mais un avertissement sérieux envoyé par des hommes à la solde de Damas. Pour la DGSE, l’origine et la signification du message n’ont guère fait de doutes. A l’heure, qu’il est deux enquêtes préliminaires ont été ouvertes, et restent sous le contrôle du Parquet de Paris, donc du Pouvoir. Pas question qu’un juge anti-terroriste disposant de tous pouvoirs d’investigations, quand des français sont frappés à l’étranger, vienne fourrer son nez dans des affaires aussi sensibles. Depuis, le Liban, caisse de résonance du conflit syrien, s’embrase à nouveau. La France condamne, condamne, et condamnera encore, Kofi Annan multipliera les missions de paix infructueuses, comme l’avait fait son représentant spécial Yasuhi Akashi à l’époque de la guerre en ex-Yougoslavie. Avec le succès que l’on sait… Selon un excellent connaisseur des arcanes du pouvoir syrien,  » le régime de Damas ne devrait pas céder un pousse de terrain. Parce que sa sa survie en dépend. Et que l’on trouvera bien, si l’on cherche, quelques diplomates français ou autres, pour nous expliquer sous le manteau, qu’une déstabilisation à grande échelle de la Syrie, bouleverserait les équilibres précaires au Moyen-orient, que l’opposition syrienne est divisée, qu’en Libye, ou nous sommes intervenus, sans forces au sol, le pays est en proie aujourd’hui au chaos et que la région est déjà assise sur un volcan. Alors? Alors pas question d’une implication militaire directe… Damas peut être tranquille. Et les assassins à la solde de Bachar peuvent poursuivre leur oeuvre de mort et de dévastation » .

Cela s’appelle la « realpolitik »…


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À propos de l'auteur

Grand-reporter de guerre et  journaliste d'investigation, multi-médias,  membre de l'association de la presse judiciaire, passionné par les phénomènes terroristes depuis le début de ma carrière. Très souvent sur le terrain, je souhaite partager avec tous les faces parfois moins visible des enquêtes et reportages. J'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. Ce site m'en offre la totale liberté. Vos témoignages, vos informations sont  bienvenus!

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